A Dieu, Père Robert

Vous trouverez ci dessous le texte de l’homélie prononcée par le P. Clément, lors des funérailles du P. Louis Robert, à Myans, le 21 novembre dernier.

C’est auprès de Louis que nous sommes rassemblés aujourd’hui pour l’accompagner dans son passage vers le Père. Nous sommes venus par respect, en souvenir de ce que nous avons vécu avec lui, en signe de gratitude. Nous sommes sans aucun doute de différents horizons avec nos histoires et nos convictions et questions respectives. Nous sommes venus ainsi pour Louis dans notre diversité. Mais il nous faut nous rappeler que Louis, un jour, a été saisi par une Parole et qui est devenue en lui comme un feu dévorant qu’il ne pouvait contenir. C’est cette Parole qu’il nous a partagée, Jésus, que nous écoutons à nouveau aujourd’hui.

Nous l’écoutons ici à Notre-Dame de Myans et nous savons la place qu’a tenu le sanctuaire dans le parcours de Louis. Tant d’années passées ici ! Le sanctuaire a marqué Louis de son empreinte ; et réciproquement. Alors, comme pour Louis, c’est Marie qui va nous aider aujourd’hui à comprendre et à vivre la parole de Jésus.

  • « Si vous observez mes commandements vous demeurerez dans mon amour » : c’est l’attitude du disciple, du serviteur. C’est l’attitude de l’humble servante du Seigneur, Marie. Elle nous apprend d’abord à écouter. Ecouter le Seigneur dans les Ecritures, l’écouter aussi en tout être humain. C’est ainsi que la Parole « prend chair » en nous, que comme Marie nous devenons porteurs du Christ. Mais Marie ne l’a pas gardé pour elle.
  • « Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime » : Marie en hâte part à la rencontre de sa parente Elisabeth pour être avec elle témoin de la miséricorde de Dieu. Et ici, sur la fresque et dans le chœur c’est Marie qui se fait disponible et tout accueil, toute écoute. Comme un chemin où l’on se dessaisit de sa vie, de soi, pour que celui qui a soif de fraternité trouve un espace où se reposer.
  • Alors nous commençons à comprendre cette autre parole : « je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle amis. » Avec l’humble servante du Seigneur nous comprenons que nous entrons, par l’accueil et l’écoute réciproque, dans une autre dimension : celle de l’amitié et de la fraternité. « Celui qui fait la volonté de mon Père est ma mère, mon frère, ma sœur. » Nous entrons en fraternité autour du Christ et nous découvrons que là est le chemin de la joie.
  • Là où deux ou trois sont rassemblés en son nom le Christ, notre frère, est présent. Et ce que nous demanderons ensemble en son nom il nous l’accordera. Que demander ensemble sinon l’Esprit Saint, l’Esprit qui a couvert Marie de son ombre pour qu’elle nous donne Jésus ? Oui, demandons l’Esprit Saint, l’Esprit de fraternité, pour oser trouver les chemins nouveaux de fraternité qui brisent les murs de haine et de méfiance entre les hommes et notre joie sera parfaite.

Dieu notre Père, nous te rendons grâce pour la vie donnée de notre frère Louis. Pour beaucoup, à l’ombre de la Vierge Marie, il a été témoin de la fraternité offerte en Jésus, ton Fils. Soutenu par ton Esprit, il a ouvert les espaces de son cœur pour accueillir, écouter et consoler. Il a ouvert les espaces de son cœur pour inventer des chemins de fraternité concrets pour tout être humain. Là était sa joie. Par l’intercession de Marie, renouvelle en nous le don de ton Esprit Saint : qu’il nous porte à l’audace et à l’inventivité pour briser tout mur de haine et découvrir en tout visage ton Fils, notre joie.